CAS PRATIQUES :  le poids, la drogue et le sommeil

LE POIDS : Marlène, quarante-cinq ans, mariée, deux enfants, infirmière
LA DROGUE : La toxicomanie et la sophrologie
LE SOMMEIL :
Roland, vingt et un ans, célibataire, sans travail
 

 


 



La drogue : La toxicomanie et la sophrologie

Nous sommes confrontés à la toxicomanie, surtout chez les ado­lescents.
C’est au cours des entretiens qu’ils disent fumer régulière­ment du haschich.
Généralement, ils minimisent le problème et espè­rent trouver auprès de nous un cautionnement qui les rendrait innocents. Cette situation réclame de notre part une grande vigilance.
En effet, le cannabis que certains prétendent inof­fensif peut avoir des effets nuisibles sur la personnalité globale du fumeur. Cette drogue a des conséquences très variables selon les individus et les mo­dalités d’absorption. Elle provoque une perte de mémoire plus ou moins grande, une difficulté à relier les idées et une perturbation de l’espace-temps. Beaucoup de jeunes fumeurs sont attirés par l’exemple de leurs idoles, par cette joie et cette convivialité qui se dé­gagent des réunions entre copains du même « joint ».
Ils veulent oublier le mal-être de la dépendance plus psy­chique que physique.
Ils s’enferment dans le mensonge social, perdent le goût du travail et des études, n’osent plus affronter la vie et sont prêts à cher­cher des expé­dients de toute nature pour rester « cools » dans leur coin, car ils savent se dispenser du confort, des biens de consommation d’une so­ciété dont ils n’acceptent plus les règles.

La sophrologie est une voie privilégiée car elle fa­vorise l’écoute et redonne sa place au corps nié. Elle offre aux toxico­manes un nouvel ancrage dans le réel.

On utilise largement les techniques déjà évoquées : sophronisa­tion de base, relaxation dynamique, training autogène de Schultz, qui reposent sur le vécu des sensations, l’induction de calme, la respira­tion abdominale, et améliorent le schéma corporel.
Les techniques respiratoires et physiques libèrent l’éner­gie dans le corps ; les tech­niques de focalisation en zone sophro-liminale améliorent le mental.
La visualisation positive du futur proche, avec la sophro-acceptation progressive et la correction sérielle d’événements anxio­gènes favori­sent l’insertion du toxicomane.

On envisage ensemble la situation positive que le patient vou­drait être ca­pable d’assumer : par exemple un dialogue vrai avec sa famille. Il peut se voir libre, travailler, prendre confiance en lui. Nous passons ensuite à un entraînement sophronique : sophronisation de base, training autogène de Schultz ou relaxation dynamique debout, assis, couché, selon les patients, selon les demandes. L’enregistrement d’une cassette incluant les messages est effectué.

Au préalable, nous devons nous assurer du plein accord du pa­tient pour suivre des séances de sophrologie ; nous devons connaître son iti­néraire et la durée de sa dépendance. Quelle drogue prend-il ? Quels symptômes phy­siques ressent-il ? Hallucinations, problèmes phy­siques, perceptions particu­lières.
A-t-il déjà suivi une psychothéra­pie ? Laquelle ?

Un toxicomane a souvent des difficultés à gérer ses repères spa­tiotemporels : son heure de rendez-vous, son itinéraire. Il est très an­goissé. Souvent, il vit son corps morcelé. Il est totalement dépendant, suggestible et négatif. L’amener à l’autonomie en ce qui concerne son rendez-vous est déjà un pre­mier pas.

La prise de médicaments est contrôlée non par le sophrologue mais par le médecin.
Il faut s’assurer que le médecin accepte de réexaminer le cas en fonction de l’accompagnement sophronique et des objectifs à atteindre : la collaboration de l’équipe soignante est plus que jamais nécessaire.

Les séances se déroulent ainsi : le patient est face au sophrologue qui laisse passer une écoute bienveillante. Il arrive bien entendu à ses souvenirs, à son histoire personnelle. Puis s’engage un entretien di­rectif où l’on envisage les messages à proposer dans un exercice so­phronique, les images positives, les souvenirs agréables que le patient peut revivre dans un état modifié : le ni­veau sophro-liminal, c’est-à-dire au bord du sommeil.

La fréquence des séances est fixée, dans un premier temps à deux fois, puis une fois par semaine. C’est une relation d’aide qui se veut phéno­ménologique et globale. L’accent sera donc mis sur le vécu du sujet ici et maintenant, sur son vécu physique, sur son mal-être, sur ses rela­tions avec l’environnement.
Toutes les sensations seront abondam­ment développées.

Quels sont les handicaps d’un toxicomane ? Les difficultés de concentration et de mémoire sont primordiales. On choisira donc des conduites à corriger, des habitudes nocives à remplacer par des gestes qui développent une attitude positive, constructive. Toujours des choses et des messages très simples.

Au cours des premiers entretiens, très vite, il est bon de se rendre compte des possibilités de réintégration du sujet : dans le déroule­ment d’une journée, dans le travail, dans la famille, avec des amis.

L’étude systémique des relations dans lesquelles le sujet est pris est très im­portante pour donner des clefs. Le rôle de la famille est essentiel. Quels sont les appuis pour son autonomie et sa guérison ? La sophrologie développe la prise de conscience de son état, de sa dé­pendance et des chances qu’il a de s’en sortir.

On travaillera les réflexes conditionnés avec une technique de gestion men­tale et de programmation neurolinguistique La compré­hension, les paroles ont un impact puissant. On notera l’extrême sen­sibilité du sujet. Il est par ailleurs très conscient de son problème, de l’engrenage dans lequel il s’est laissé entraîner et duquel il veut sortir. Il se rend parfaitement compte des réactions de son entourage à son égard, même s’il semble indifférent à tout.

La sophrologie peut aussi être analytique, dans la mesure où le sophrologue a suivi une analyse didactique personnelle ; il se peut que, dans l’état sophro­nique, le patient revive intensément les situa­tions douloureuses de son passé. Il faut alors analyser les conflits psy­chologiques que le discours dévoile. C’est un travail en profondeur qui demande l’adhésion du patient. Le refou­lement dû aux trauma­tismes de l’enfance sera alors mis en évidence. On favorisera la prise de conscience des mécanismes de défense que le Moi a dû mettre en œuvre s’il veut prendre en charge la sophro-analyse et faire un tra­vail en profondeur.

L’attachement au sophrologue est un atout : c’est le transfert en psychanalyse et l’alliance transférentielle en sophrologie qui mar­quent le type de dépen­dance du toxicomane. C’est une béquille nécessaire à ses pre­miers pas. Quel­qu’un a confiance en lui, le suit pas à pas, l’accom­pagne. Les cassettes enre­gistrées pour lui tout particulièrement l’aident dans sa solitude face à la drogue. Il se raccroche à la voix et à ses rendez-vous. Il prend confiance en lui, il se remet à exister, à re­vivre de plus en plus normalement, à éviter les dealers et les coins spécialisés. Il s’alimente mieux, fait du sport, ose enfin se regarder et vivre son corps. Dans un premier temps, la dépendance affective remplace la dépendance face à la drogue.

Puis l’énergie de vie lui revient. L’instinct de vie prend le dessus sur l’ins­tinct de mort. « Le moteur » est remis en marche. Il faut en­core accompagner le sujet longtemps, mais le déclic se fait. Peu à peu le toxicomane prend en charge sa propre vie.
Son emploi du temps est plus riche. L’ouverture au monde extérieur est colorée affectivement. Il a des relations de plus en plus réelles avec les autres. On ne le porte plus. Il devient créateur, donc sujet. Il se veut responsable, il réclame une activité, un travail. Il veut reprendre sa place dans la société car le travail valorise l’individu.
Avec l’aide de per­sonnes compréhensives, il se met à vivre normalement dans un temps et un espace retrouvés.

Il acquiert ce qu’il avait perdu : la liberté d’expression, la liberté d’action, le respect de soi, tout ce qui fait la dignité humaine.
 

 
 

Qu'est-ce qu'un sophrologue ?

Qu'est-ce qu'un sophrologue-analyste?
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