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LES ARTICLES * par Ghylaine Manet
Ghylaine Manet écrit régulièrement dans le Bulletin Médical de la
Nouvelle-Calédonie, distribué aussi à Tahiti :
www.bmc.nc
Vous pouvez également consulter les articles à partir des liens
ci-dessous.
Certains sont "téléchargeables" en format .pdf et s'ouvrent dans une
nouvelle fenêtre. |
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Nouvel article : Le désir d'enfant
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1/ Sophrologie et cannabis
2/ Sophrologie :
un soutien psychologique lors d’une
grave maladie
3/ Le Stress au travail
4/ La sophrologie et la dépendance
tabagique
5/ La sophrologie et la dépendance aux
somnifères
6/ L'antidote des phobies : une thérapie brève.
7/ La boulimie : une thérapie pluridimentionnelle.
8/
Désir d'enfant.
La sophrologie: une
aide pour les détenus du Camp-Est
(sophrologie et cannabis)
Au cours du congrès d’addictologie qui s’est tenu à
Nouméa en 2005, Ghylaine Manet, sophrologue, sophro-analyste et directrice
de l’Ecole de Sophrologie de Nouméa, a fait part de son intervention
bénévole au centre pénitencier de Nouméa.
Pour des toxicomanes volontaires, elle a conduit des séances de sophrologie
sur une vingtaine de semaines.
Son témoignage montre l’apport bénéfique des techniques comportementales
pour réduire la violence dans les prisons et améliorer la prise de
conscience des détenus en vue de faciliter leur insertion sociale et le
retour à une vie normalisée.
J’ai conduit un groupe de sophrologie pour les
toxicomanes du centre pénitencier de Nouméa sur une vingtaine de
semaines avec des détenus volontaires purgeant de courtes peines.
La sophrologie, étant un ensemble de techniques physiques et mentales
pour gérer le stress, d’où qu’il vienne, peut diminuer les effets
psychologiques et physiques du stress.
Elle développe une
prise de conscience, une ouverture vers les autres et une remise en question
de ses comportements pour s’accepter et retrouver une motivation, une
énergie vitale et une envie de changer sa vie.
Cela va sans dire que les détenus espèrent sortir le plus
tôt possible et cherchent à obtenir une remise de peine. Tout le travail
est de faire accepter la privation de la liberté, la conséquence de leurs
actes, l’émergence d’une volonté
pour construire une vie saine
libérée de l’alcool et du cannabis.
Une première séance d’information a été donnée à l’ensemble
des détenus toxicomanes, à l’issue de laquelle ils pouvaient s’inscrire pour
un entraînement en sophrologie.
Les causes de leur stress sont évidentes : la
privation de liberté, la gravité de leurs actes, le sentiment de
culpabilité, de honte, de dépréciation d’eux-mêmes, la promiscuité dans la
cellule, l’absence d’activités, le rejet de la famille, l’absence des êtres
chers, le rythme du centre pénitentiaire, l’absence de sommeil, les douleurs
psychosomatiques, les nuits bruyantes dues au va et vient des gardiens, les
comportements agressifs des autres détenus.
Sur une trentaine de personnes informées, dix
détenus se sont inscrits pour une séance hebdomadaire de 1 h 30.
Certains venaient pour tuer le temps, d’autres par curiosité, d’autres enfin
parce qu’ils en éprouvaient le besoin. Au fur et à mesure des séances,
les participants motivés et fidèles se sont retrouvés à 5.
Les participants avaient des parcours très différents
: dealers et agresseurs avec des peines variables, certains attendaient le
procès, d’autres terminaient leur peine, certains étaient là depuis un an,
d’autres deux mois.
Les séances favorisent la verbalisation et le dialogue
dans la confiance des participants et de l’animateur. Ont été
évoquées les raisons qui les ont conduit à la détention, et leurs ressentis
par rapport à cette situation carcérale : ils sont passés
de la révolte à l’acceptation en passant par de
multiples sentiments.
Et pour certains, était encore perceptible la rage d’être là, impuissants, à
attendre un procès ou à purger une peine.
* Toutoute dessinée par
un toxicomane |
La sophrologie est
une thérapie globale :
le corps et l’esprit sont en relation étroite
et l’un a des conséquences sur l’autre.
Le détenu, comme tout être humain, souffre dans son corps et dans sa
tête. Il souffre d’idées fixes, du ressassement, d’insomnie.
Il parle d’étau qui lui enserre le crâne, de grande fatigue. Il est
noué. Il est dans un grand stress. Pour certains la lucidité est
terrible ; leur vie a basculé ; ils veulent se supprimer. Le
stress est très variable selon les individus.
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Les gestes de
la relaxation dynamique du 1er degré permettent une prise en compte des
souffrances du corps et développent l’énergie vitale :
le travail sur la respiration abdominale, sur les points énergétiques du
corps, tous les
exercices respiratoires (cousins germains des gestes du Yoga)
permettent au sujet d’écouter ses émotions et de travailler à construire une
meilleure image de lui-même, qui sera le moteur d’un désir de reconstruction
pour l’après-libération.
La sophrologie permet
de diminuer les médicaments
et ceci en étroite collaboration avec le médecin.
La sophrologie développe un changement de niveau de
conscience.
Le sujet, grâce à la voix du sophrologue, atteint le niveau dit «
sophro-liminal
» :
il est au bord du
sommeil, mais ne dort pas;
il prend conscience de son espace intérieur
et c’est dans cet état
particulier de conscience sophronique qu’il visualise des objectifs précis
réalisables (un
apprentissage, des gestes simples comme écrire une lettre, lire un livre, se
proposer pour un travail d’intérêt général).
Les projets étaient très variables selon les personnes, selon leur
histoire et la peine qu'ils allaient encourir, ou qu’ils purgeaient.
La séance se termine par un retour à la réalité qui
est certes difficile car le détenu est toujours privé de sa liberté mais qui
n’a plus tout à fait pour lui le même caractère d’enfermement et de
non-sens. Il évolue peu à peu dans sa façon d’appréhender la prison.
Il prend conscience de sa responsabilité face à sa situation.
La sophrologie en aucun cas ne minimisera la détention. Elle permettra
au détenu d’en tirer les leçons et de vider tout sentiment de rancoeur et de
révolte.
Le processus d’évolution est enclenché. Il mettra bien sûr
du temps à se préciser. Le dialogue, l’écoute et le regard positifs et
empathiques du sophrologue sont de toute importance. Leurs échanges ont
porté volontiers sur le sens de leur vie, les valeurs, les nouveaux repères
sociaux, familiaux et moraux. La fin de la séance et les participants (en
moyenne 5 jeunes hommes) est toujours vécue dans l'attente d'une autre…
Une séance (excepté le dialogue) a été enregistrée et les
détenus ont pu bénéficier d’une cassette qu’ils ont beaucoup utilisée.
Le bénéfice de ces séances est indéniable pour un certain
nombre de détenus, particulièrement pour les cinq qui ont voulu rester
jusqu’aux dernières séances : comportements améliorés, amorce de changement
dans leur mental et dans leur rapport aux drogues comme le cannabis et
l’alcool, une projection meilleure de leur réinsertion sociale.
On a noté une diminution de la prise de médicaments, plus
de détente, un meilleur sommeil, une gestion des émotions, une meilleure
communication avec les autres détenus dans la cellule et même avec les
gardiens.
CONCLUSION
La sophrologie dans ce cas précis a permis une gestion
humaniste des difficultés morales, physiques et psychiques, de la douleur et
de la souffrance de l’être humain, même si celui-ci est coupable de faits
graves qui l’ont conduit à être privé pour un temps plus ou moins long de sa
liberté.
Par ailleurs, pour chaque être humain, la sophrologie permet
de prendre en compte la situation individuelle, personnelle, physique et
psychique du consultant.
La gestion de tous les stress de la vie, l’ouverture de la
conscience, la lucidité et la motivation, l’efficacité, le goût et la joie
de vivre se travaillent. Chacun, un jour ou l’autre, sous la pression
des circonstances inhabituelles, en prend conscience.
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La sophrologie : un
soutien psychologique lors d’une grave maladie telle qu'un Cancer
Il est fini le temps de considérer le malade d’une manière
parcellaire, sous l’angle seulement de sa maladie.
Le malade est un être
global : corps et esprit profondément liés
: pendant que son corps souffre,
et son esprit (en se laissant submerger par l’anxiété, l’angoisse, bien
compréhensibles, par la peur de l’échéance mortelle) augmente encore sa
souffrance. La personne malade perd tout ou une partie de son
intégrité, un temps ou toujours ; elle assiste à un ralentissement plus ou
moins grave de ses fonctions physiologiques, psychiques, intellectuelles ;
elle est perturbée dans ses liens sociaux, professionnels, familiaux.
La maladie affectera sa relation privée avec son partenaire.
Le sophrologue doit aider le malade à prendre peu à peu,
chaque jour un peu plus, une relation différente avec lui-même, avec ses
symptômes, son traitement, l’équipe médicale et son entourage.
Que représente la maladie pour le malade? une fatalité, un destin, une
punition, une échéance, un langage?
Le travail thérapeutique videra la révolte, la colère, le désespoir, la
culpabilité.
Ces émotions s’exprimeront grâce aux gestes de la Relaxation Dynamique de la
sophrologie et aux gestes bio-énergétiques. Il vit alors profondément sa
respiration abdominale, il accepte sa maladie et se réconcilie avec la
totalité de son corps.
C’est pour le sujet une découverte de soi, une ouverture de conscience et
une voie de libération.
La séance avec le sophrologue expérimenté sera dans un
premier temps un entretien profondément proche de la vie du malade, de ses
préoccupations souvent très banales, mais aussi l’occasion de parler coeur à
coeur de la question essentielle que chacun se pose devant l’échéance de la
mort... Ceux qui entourent le malade ne sont pas toujours prêts à dialoguer
avec celui qui souffre. Il y a tant de culpabilité, tant de souffrance, tant
de peurs, d’incompréhension et d’impuissance que l’on préfère l’évitement.
Ce qui est le plus extraordinaire dans les thérapies des
malades atteints d’un cancer ou d’une maladie grave, c’est de voir renaître
la joie de vivre, le goût du bonheur et le sens de la vie.
« Si je m’en sors, je
vivrai très différemment » me disait une consultante.
Les malades témoignent fréquemment de ce soutien indispensable qu’est la
sophrologie dans l’épreuve de la maladie.
Prenons un cas parmi des centaines, celui de
Françoise. Françoise vient me consulter pour se préparer à une
opération. C'est une démarche personnelle. Elle ne veut surtout
pas qu'on le dise au médecin soignant, il ne la comprendrait pas, dit-elle.
Quelle opération doit-elle subir? « Je viens de le savoir, je
suis sous le choc ».
Elle a déjà pris un rendez-vous pour une opération concernant un sein.
La date est fixée. Le chirurgien l'a prévenue. il faut enlever un
maximum pour....
« Je ne veux pas de chimio, encore moins des rayons.
Bon, s'il faut, on en fera. Mais pas de chimio, alors, pour ne pas avoir de
récidive. Je préfère qu'on n'en parle plus, qu'on me l'enlève et je serai
tranquille »
Tout l’entretien de ce jour-là a été focalisé sur la peur de
l’anesthésie.
« Maintenant, je pense à mon opération. J'ai peur de
l'anesthésie, j'aimerais que vous me prépariez à ce problème. On se sent
partir et là, ça m'angoisse ».
Le sujet qui est entraîné en sophrologie est paisible, il
réagit mieux aux produits chimiques, ce qui permet à l'anesthésiste de les
doser et d'en utiliser beaucoup moins.
Dans l'entretien, nous mettons au point le parcours de la
maison à la salle d'opération. Voici un extrait de la séance au bord du
sommeil (qui sera écoutée plusieurs fois).
« Vous vous endormez avec votre musique, votre cassette
de relaxation, vous avez confiance dans l'équipe médicale. Vous êtes en
bonnes conditions physique et mentale. Le matin de l'opération,vous êtes
calme, confiante. Vous connaissez l'équipe médicale. L'anesthésiste
connaît bien son travail. Vous avez confiance en cette personne ; vous êtes
sereine quand on vous conduit en salle d’opération. Pendant ce temps - là
vous pensez au voyage que vous ferez lorsque vous serez rétablie. Vous êtes
dans ce lieu magnifique dont vous avez rêvé si souvent... Le réveil se fait
en douceur. Etonnée d’être déjà dans votre chambre. Votre
intervention s’est bien passée. Votre mari vous offre des roses
magnifiques, comme il vous l'a promis. Il est auprès de vous. Il est plein
d'attentions pour vous. Vous êtes apaisée : le médecin vient vous
confirmer que tout va bien maintenant ».
Les mots clefs « calme - confiance » sont
profondément affectifs, car ils proviennent du langage de l'enfance (de
ces mots qui bercent les tout premiers pleurs, avec lesquels on réprime les
angoisses et les peurs du premier âge).
Son opération
s'est déroulée sans surprise.
L'équipe médicale a beaucoup apprécié son entraînement sophronique.
Le sophrologue peut soutenir le consultant à toutes les
étapes de la maladie et sur plusieurs plans :
- sur le plan physique, le corps, la douleur,
- sur le plan de l’affectif, la souffrance de l’être, ses
relations avec soi-même, l’image de soi souvent négative, le rapport à
l’autre, les émotions et la relation d’amour.
- sur le plan spirituel, le malade se pose les questions
existentielles du sens de sa vie, du sens de sa maladie, de la possibilité
de sa mort.
Quand le malade apprend la nouvelle, il a un besoin urgent
d’être soutenu et d’exprimer sa souffrance, son désarroi, son horreur.
Puis le sophrologue, en relation avec l’équipe médicale peut accompagner les
différents traitements proposés : l’opération, la chimiothérapie, la
radiothérapie.
Dans les séances individuelles, une fois par semaine, il le soutient dans sa
vie quotidienne. L’écoute journalière
des cassettes personnalisées et enregistrées dans la séance par le
sophrologue redonne au malade confiance dans les traitements, confiance dans
le corps et confiance dans la vie, elle développe l’énergie vitale pour
lutter contre la fatigue des traitements. Les séances et les cassettes sont
axées sur la réorganisation de l’ existence et sur la recherche d’instants
de plus en plus joyeux : nous entrevoyons des objectifs et nous ouvrons
l’avenir.
La technique la plus employée est
celle dite de la focalisation de Luis Perez-Slocker (enregistrée sur
cassette).
Cette technique, au bord du sommeil, grâce à une
visualisation très personnelle du malade vis-à-vis de sa maladie, mobilise
toutes les forces physiques, psychiques et mentales du sujet. Il développe
les capacités de son organisme à lutter contre les cellules cancéreuses.
L’imaginaire transforme les globules blancs en petits chevaliers qui
combattent la maladie. Les images sont très variables et souvent
simplistes, elles touchent la partie la plus inconsciente du
sujet et deviennent très efficaces. La relation chaleureuse avec son
corps améliore le fonctionnement immunologique du corps.
Le Dr Schwartzenberg, dans Changer la mort écrivait :
« Nous attrapons tous des cellules malignes tous les jours ; nous en avons
tous, et tous les jours, nous nous en débarrassons ».
La relation chaleureuse avec son corps, l’accord avec
soi-même, la gestion de notre stress quotidien améliorent le fonctionnement
immunologique du corps et retardent les symptômes de la maladie tout en nous
apportant la joie de vivre.
C’est la plus belle application de la sophrologie pour chacun d’entre nous.
Pas besoin d’attendre d’être malades !
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La
gestion du stress au travail avec la sophrologie
La sophrologie dans ses techniques
comportementales, dynamiques et analytiques permet de gérer le stress dans
les situations professionnelles : étude d’un cas.
Catherine, 30 ans, célibataire, secrétaire .
- « Ah! Si je pouvais changer
de métier! Huit
heures par jour, je ne m'appartiens pas. Je
déteste ce que je fais, j'attends les vacances. Je ne sais pas comment je
vais faire pour aller jusqu'au bout. Les relations dans l'entreprise sont
difficiles. Chacun s'épie et cherche à prendre la place de l’autre. Le
stress du travail, la nervosité des gens, c'est trop difficile. On a un
boulot fou et le patron est d'une humeur massacrante. C'est un monde de
jalousies et de continuelles disputes sur des points ridicules.
Nous sommes trois dans un grand bureau. Je ne
supporte pas les deux autres, leurs conversations le lundi matin, leurs
commérages. Je n'en peux plus. Mon travail me rend mauvaise."
Que faire? Faut-il supporter un
lieu de travail aussi négatif? Peut-on en changer?
Le métier est lié à la qualification du travailleur, à l'argent qu'il
procure, donc au niveau de vie qu'il apporte, mais il est indissociable d'un
problème géographique, humain et conjoncturel. Il est difficile de
faire comprendre à quelqu'un qui souffre des conditions de son travail qu'il
doit étudier les possibilités de changer d'entreprise, voire de région.
Cette jeune femme qui ne supporte pas son patron, dont elle égrène les
brimades au cours des séances, se retrouve régulièrement malade. Elle ne
veut pas envisager de rechercher ailleurs une semblable position. Elle peut
alléguer légitimement ses liens familiaux, la peur de s'éloigner de sa
famille et de ses amis.
Mais ces raisons ne tiennent pas réellement, car si elle se mariait elle
accepterait de partir vivre ailleurs. Ne serait-ce pas une solution
d'ouvrir son horizon, de changer d'habitudes, de changer d'environnement?
Elle se retrouverait plus libre, plus détendue et plus disponible pour de
nouvelles rencontres. Ce serait
l'opportunité pour changer réellement de vie.
C'est possible, mais elle se refuse à le faire.
Elle n'a pas confiance en elle ni dans les autres.
Elle préfère se maintenir dans cette atmosphère nocive
où il lui est difficile de respirer la vie.
On peut se demander alors quels bénéfices elle trouve
à rester dans cette situation intenable? Est-ce une autopunition liée à un
sentiment de culpabilité qu’elle puise dans les difficultés de son enfance,
dans les relations difficiles avec son père? Tout chez elle semble dire: «
Voyez comme je souffre! »
Sa santé, son humeur s'en ressentent. Elle est fatiguée depuis le matin et
ressent des douleurs dans le dos, dans la nuque. Elle parle de ses problèmes
de sommeil. Elle présente un état dépressif. Elle est suivie régulièrement
par un médecin.
Catherine
ne dirige pas sa vie. Son propre mal-être, son ressentiment profond et
inconscient la maintiennent dans une situation impossible.
« C'est
intenable dit-elle en substance ». Et en parlant de son directeur, elle dit
: « Voyez comme il est méchant ! » et d’ajouter « voyez comme je suis
courageuse ! ».
Catherine demande à la
sophrologie de l'aider dans un premier temps à supporter son travail, ses
collègues, son patron .
Grâce au travail sur la respiration abdominale réflexe pour supporter son
stress quotidien, elle maîtrise mieux ses accès de larmes, ses réactions
émotionnelles trop impulsives. Elle retrouve une pensée positive
en associant des mots positifs à chaque inspiration et à chaque expiration
dans une respiration synchronique volontaire.
Des
visualisations positives, des souvenirs heureux, des objectifs à court terme
très précis sont un puissant appui pour accepter la situation de stress de
sa vie en général et ne pas grossir les incidents. Ses séances espacées
d’une semaine ont été enregistrées pour elle personnellement, elle les
écoute une à deux fois par jour ; leur durée est de 10 minutes environ.
Déjà, après un mois de travail, son calme et sa maîtrise nouvelle
surprennent ses collègues et lui donnent envie de poursuivre cette évolution.
L'atmosphère du bureau est plus détendue. Catherine envisage d'avoir de
vrais contacts avec ses camarades. L'enfer, elle l'avait vécu dans sa tête,
elle l'avait amplifié jour après jour pour en arriver à un état de crise.
Peu à peu, les messages positifs ou neutralisants sont perçus et intégrés
dans l'inconscient au niveau
sophro-liminal
(au bord du sommeil) : ils jouent un rôle de levier.
La perception de Catherine se modifie insensiblement et elle en ressent
un tel bienfait qu'elle se demande aujourd'hui comment elle a pu souffrir
autant. Son sommeil est de nouveau réparateur, ses douleurs s’estompent
et n’ont plus le même impact sur son rythme de vie. Le monde dans lequel
elle évolue n’a pas changé mais son regard s’est modifié et son comportement
a évolué au point que les autres entretiennent une meilleure communication.
Tout le monde s’y retrouve.
Des techniques analytiques permirent à cette jeune femme de prendre
conscience peu à peu du fait qu'elle n’avait pas la maîtrise d’elle-même
et qu'elle était submergée par sa propre sensibilité, ses pulsions, ses
mauvaises croyances, ses schémas réducteurs.
Elle alla mieux. Elle ne changea ni de région ni d'entreprise.
La « maison »
s'était agrandie et d'autres locaux furent aménagés dans une autre partie de
la ville. On lui proposa un autre poste dans la même entreprise, ce qui
l'éloigna de son directeur et de ses collègues.
Catherine
s'est inscrite ensuite dans un groupe de sophrologie d'évolution personnelle
afin de garder un contact avec les techniques apprises et de développer un
esprit sophronique. Elle est devenue plus autonome dans la gestion de son
stress quotidien et plus ouverte.
Ces séances
s'articulent sur un protocole de gestes issus de la tradition hindoue et
bouddhiste. Ils correspondent à des étapes de prise de conscience de la
globalité de la personne, de la circulation de l’énergie dans le corps, des
blocages de la respiration, de l’ancrage, de l’enracinement dans le
physique, dans le sol. Ils demandent une répétition, c’est donc un
apprentissage.
Ils peuvent être travaillés par séquences sur une période qui se détermine
en fonction de l'évolution du groupe.
Toutefois, ils commencent toujours par une sophronisation de base, incluant
une relaxation et une modification de conscience, soit debout, soit assis,
soit en position allongée. Ils se terminent par une désophronisation, c’est
à dire un retour au monde quotidien, une reprise des tensions nécessaires à
l’activité ordinaire.
Le
travail
sur
l’énergie vitale, sur le mental positif et sur la présence à soi-même et
à son
propre corps favorisent le bien-être : la joie de vivre, la communication
simple, naturelle, sans agressivité, en confiance.
La
sophrologie fait prendre conscience de la qualité de la vie, de « l’ici et
du maintenant », intègre le dynamisme de l’être profond. Elle donne l’envie
et l’énergie d’entreprendre et d’évoluer. C’est une voie de liberté
intérieure et d’autonomie dans l’action.
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L A
SOPHROLOGIE ET LA DEPENDANCE TABAGIQUE
L'article est en deux parties et en format .PDF
Première
partie
Arrêtez
de fumer, c’est possible. Dans une thérapie brève, analytique et
comportementale.
Les nouvelles lois de
réglementation sur l’usage du tabac les lieux publics poussent de nombreux «
accros » à chercher une thérapie efficace et brève pour se débarrasser de
cette habitude qu’ils vivent de plus en plus mal. Rares sont ceux qui n’ont
essayé une méthode ou une autre pour arrêter de fumer.
Deuxième
partie
L’utilisation d’images fortes comme la visualisation des
poumons encrassés, la visualisation d’une usine chimique de 4000 produits
contenus dans une cigarette, les 30 000 décès par an dus à des cancers
bronchiques, le récit de malades en phase terminale qui ont des liens
affectifs avec le consultant peuvent stopper l’usage du tabac.
Pourtant, la phrase sur le paquet de cigarettes « fumer tue » n’a pas eu
l’effet escompté pour celui qui vient nous consulter.
Il ne l’a pas lu. Faut-il qu’il l’entendre pour le comprendre ?
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L A
SOPHROLOGIE ET LA DEPENDANCE AUX SOMNIFERES
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Première
partie
Parmi les symptômes récurrents de mal-être dans un cabinet
de sophrologie figurent en bonne place les problèmes de sommeil ; les
thérapies diverses conjuguent leurs efforts pour pallier cette difficulté
majeure qui touche 15 % de la population française, grande consommatrice des
somnifères.
Deuxième partie
Voici le
discours type de la dépendance aux somnifères. « Je ne peux pas me passer de
mes médicaments, sinon je ne ferme pas l'oeil de la nuit. Je ressasse, je me
tourne, me retourne, je me lève, je bois de l'eau, je mange, je lis, je me
recouche et ça recommence ; au moment où je vais m'endormir, une idée me
traverse l'esprit, et je fais des plans sur la comète. Je me dis autrement
ce que je m’étais dit tout à l'heure, ça n'avance pas ».
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L’antidote
des phobies? Une thérapie brève.
Peut-on se
débarrasser des phobies ?
Peur de l’avion, peur de l’eau, peur des ascenseurs, claustrophobie, pour ne
citer que les plus invalidantes, particulièrem ent pour les habitants d’une
île.
Le
mot « phobie » vient du grec phobos : il signifie peur, effroi.
Phobos était une divinité que les grecs priaient avant les batailles.
Les personnes atteintes
d’une phobie
d’objet
livrent une vraie bataille intérieure, souvent dans la honte, la culpabilité
et le secret.
Elles se privent des joies les plus simples, les déplacements, les voyages,
elles culpabilisent de gêner leur entourage par leur souci d’évitement et
leurs réactions de peur incontrôlable.
Distinguons
bien la
structure phobique
qui demande une
psychothérapie et une analyse complémentaires de la phobie d’objet que nous
pouvons traiter en quelques séances avec des méthodes basées sur
l’utilisation de l’état hypnotique.
Les thérapies
cognitives et comportementales
développent
chez le sujet la connaissance de son comportement inadapté ; elles mettent à
jour les conditionnements subis et font prendre conscience des opinions et
croyances fausses qui enrayent la possibilité de changer.
Une
restructuration cognitive va permettre d’atteindre l’objectif : prendre
l’avion sereinement, nager avec plaisir, prendre l’ascenseur sans y penser,
par une stratégie fixée dans les séances entre le thérapeute et son patient.
Elles sont efficaces pour un certain nombre de sujets mais elles n’utilisent
pas cette fonction naturelle de la suggestion hypnotique.
Les thérapies
utilisant l’état hypnotique,
c’est à dire
un état de
conscience modifiée
qui n’est pas
le sommeil mais une focalisation
de la
conscience sur le monde intérieur du sujet permet plus facilement
l’accès aux
sensations physiques, aux émotions, aux souvenirs, à l’imaginaire. La
dominance de l’hémisphère droit et du cerveau émotionnel coupe la
rationalisation, le mental et la logique du sujet qui jusqu’ici n’ont pas
aidé le patient à se débarrasser de ses phobies.
Savoir que sa
phobie est irrationnelle qui peut paraître une faiblesse aux yeux d’autrui
n’a pas suffi à arrêter le comportement phobique.
Il est donc nécessaire si cette étape n’a pas été efficace de recourir à
d’autres thérapies qui cette fois vont couper l’activité corticale pour
laisser place à l’activité du cerveau limbique.
Hélène a fait
consciencieusement ses séances chez elle avec la cassette. « J'ai fait un
rêve banal où je nage très bien, où je pratique le crawl sans problème.
C'est tout ce dont je me rappelle.
Par contre, j'ai compris que je suis à l’origine de ce problème. »
Elle n'a plus
besoin de cette cassette. Le conditionnement est ancré. Je lui propose donc
un autre type d'exercice : revivre une scène du passé ayant trait à la
baignade, à l'eau, toujours avec la technique d'accompagnement, l'index
répondant. Je lui précise qu'elle est parfaitement libre à tout moment
d'interrompre la séance. Elle revient sur un souvenir…
« Dans
l'enfance, je n'ai qu'un seul souvenir lié à l'eau, la mer. J'avais trois
ans environ, j'étais toute petite sur les genoux de mon père.
On jouait, je sautais sur ses genoux. J'ai maintenant une image.
Le déroulement d’une thérapie
Après une
anamnèse classique ( historique du symptôme, bilan de santé générale,
indications du comportement général, de l’environnement psycho-social et
affectif ), nous abordons la phobie.
« J'ai peur de
l'eau, peur de nager. Mon ami vient d'acheter un bateau et je me sens mal
quand nous sortons en mer. Je viens pour me débarrasser de cette phobie qui
est devenue pour moi un handicap.
A douze ans,
j'ai eu peur de l'eau, j'ai failli me noyer dans une piscine. Je ne sais
plus ce qui s'est passé réellement, j'ai failli couler.
Depuis, je
continue à avoir peur, même si je suis sur la plage et que j'ai pied. Dès
que je sens que je n'aurai pas pied, je panique. Le pire, c'est que
j'anticipe ma peur. Je sais que je vais avoir peur. Je ne me contrôle plus,
je vais avoir la sensation d'être happée, aspirée par le fond. »
Première séance
avec Hélène :
Je demande à
Hélène de choisir un moment très agréable dont elle se souvient. C’est un
coin de Provence avec des oliviers et le chant des cigales et la douceur
tiède du soleil et le parfum de la lavande. Elle vit ce paysage avec toutes
les sensations déjà ressenties, dans une conscience modifiée, au bord de
l’endormissement. Cette scène servira d'ancrage à un sentiment de confiance
en soi et de calme. Je lui demande alors de fermer le poing pour ancrer ce
souvenir très intéressant, car il utilise les sensations kinésthésiques et
coenésthésiques agréables déjà vécues dont j'ai besoin pour traiter la
phobie de l'eau.
Je suggère
ensuite une focalisation sur une image vécue qu'elle choisit : « Je me vois
au bord du bateau, là où j'ai l'habitude de me placer. » Je propose le
calme, l'écoute de sa respiration calme et régulière. « Calme » est le mot
associé à l'expiration.
Premier stade : s'habituer, en focalisation positive, rester tranquille au
bord du bateau.
Soleil. Belle
eau verte, claire, transparente, les coraux. Sensation de bien-être, beauté
de la nature et toute autre sensation. Ressentir la sécurité. Hélène a levé
un index, signe de communication entre nous ; et ma voix continue de
l’accompagner.
« Puis vous
laissez venir votre image très positive avec association du poing fermé. La
colline de Provence envahit votre écran personnel. Vous respirez
profondément dans ce paysage que vous connaissez et qui est vivifiant. le
chant des cigales parvient à vos oreilles, les odeurs de lavande vous
parviennent. » (L'index se lève.) Hélène vit profondément ses sensations.
Nous pratiquons
ensuite une reprise de la vigilance avec quelques respirations courtes,
acceptation mentale de la reprise, les membres se détendent, étirement dans
un flot d'énergie positive. Les yeux s'ouvrent. Hélène sourit ; elle est
heureuse.
Elle a fait un petit tour dans l'eau sans aucune appréhension.
Elle pense qu'elle peut recommencer en allant de plus en plus loin. Je lui
donne la cassette de cet exercice que je viens d'enregistrer pour qu’elle
l’écoute toute la semaine en essayant d'augmenter mentalement les distances
et de bien respirer si possible avec le ventre.
Deuxième séance avec Hélène :
Hélène a fait
consciencieusement ses séances chez elle avec la cassette.
« J'ai fait un rêve banal où je nage très bien, où je pratique le crawl sans
problème.
C'est tout ce dont je me rappelle. Par contre, j'ai compris que je suis à
l’origine de ce problème. » Elle n'a plus besoin de cette cassette. Le
conditionnement est ancré.
Je lui propose donc un autre type d'exercice : revivre une scène du passé
ayant trait à la baignade, à l'eau, toujours avec la technique
d'accompagnement, l'index répondant. Je lui précise qu'elle est parfaitement
libre à tout moment d'interrompre la séance. Elle revient sur un
souvenir…
« Dans
l'enfance, je n'ai qu'un seul souvenir lié à l'eau, la mer.
J'avais trois
ans environ, j'étais toute petite sur les genoux de mon père. On jouait, je
sautais sur ses genoux. J'ai maintenant une image très nette. Je suis encore
avec mon père, cette fois, je reprends l'image de la plage, j'entends les
bruits d'enfants, ma mère appelle mon père, ça l'agace. Je suis contrariée.
Je n'ai pas envie d'aller me baigner. »
Dans le
dialogue qui a suivi, les relations entre le père et la mère ont été
évoquées. Dans la relaxation, Hélène a ressenti parfaitement le poids de son
corps, de ses bras : « C'était bizarre, j'ai vécu le poids du bras comme un
boulet de prisonnier. » Hélène a évoqué alors les difficultés qu'elle a
rencontrées pour sortir du cocon familial et échapper à la sévérité de sa
mère. Ceci montre combien la thérapie
doit être
maîtrisée par le thérapeute pour ne pas s’engager dans une analyse qui n’a
pas lieu d’être ici. Nous reprenons une scène de natation qui se passe dans
le plaisir du corps et le calme de l’esprit. Hélène termine sa séance,
détendue et sereine. Un mois plus tard, Hélène m'a téléphoné : elle avait
passé un excellent week-end. Elle avait nagé comme dans son rêve.
La phobie de l’avion, de
l’ascenseur et autres
Nous traitons
la phobie de l’avion ou de l’ascenseur de la même manière que celle de
l’eau. Nous utilisons toujours l’expérience et les mots du sujet, son vécu
de situations positives.
La suggestion
hypnotique et le geste conditionné avec superposition de scènes vécues sont
les ingrédients du traitement. Tout ceci nécessite sans exception une
relation de confiance entre le sujet et le thérapeute.
Les phrases exprimant la phobie de l’avion en début de thérapie
« Plusieurs jours avant le
voyage, je dors mal, je vis dans l’obsession du départ. »
« Tout tourne autour de ce déplacement, le compte à rebours se met en place.
»
« Je ne veux plus dire à mon entourage que j’ai peur, je suis nerveuse, je
me renferme.»
« Je vais faire comme si j’étais bien. Je mens à mon mari, à mes enfants. Je
prends sur moi. »
Les pics de la
peur
« L’avion roule, j’ai une boule
au ventre, gorge serrée, je ne respire plus ; le fait de savoir qu’on prend
de l’altitude, j’ai l’impression que je vais tomber. »
« Je me pose des questions dans
l’avion, je sens des odeurs étranges, je regarde les autres et si quelqu’un
scrute quelque chose par le hublot, je m’imagine qu’il a vu quelque chose
d’anormal. »
« Quand l’avion se stabilise, il
ralentit, j’ai l’impression qu’on va piquer une tête, on n’est pas des
oiseaux, je n’ai pas confiance dans la technologie. »
Les antidotes de
la phobie
Toutes les suggestions se font sur la respiration calme et l’évocation des
activités agréables qui servent d’ancrage pour la confiance en soi et la
détente. Utilisation des mots forts comme la sécurité, la confiance, le
calme, la sérénité, mais également occuper son cerveau dans le vécu imaginé
des jours suivant l’atterrissage, anticiper sur les rencontres, les
spectacles, le shopping, les restaurants, les musées, les escapades, quel
que soit le type de voyage.
La voix
enregistrée sur CD permet de se rassurer. En général, le sujet n’a plus
besoin de l’écouter en avion : il est devenu autonome pour tous ses voyages.
Le laboratoire
d’Orsay de neuro-imagerie (soutenu par le Dr Jean-Pierre Changeux) prouve
qu’il existe un réseau spécifique de la conscience et qu’on ne peut être
conscient que d’une chose à la fois.
En stimulant
l’attention sur un souvenir heureux, le sujet n’a plus conscience de l’objet
ou de la situation phobiques qui disparaissent dans les « limbes » de sa
conscience. En fait, la pensée change d’aiguillage.
Les techniques comportementale, cognitive et hypnotique sont utilisées
pour toutes les phobies, celle de l’eau, de l’avion, de l’ascenseur et les
autres…
La réussite de la
thérapie vient du travail en conscience modifiée élaboré dans un dialogue et
une anamnèse sérieuse. La collaboration empathique du sujet et du thérapeute
expérimenté est indispensable. La durée d’un traitement est brève (1 à 5
séances en général ).
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Le
traitement de la boulimie: une thérapie pluridimensionnelle
La boulimie vient de deux mots grecs : limos faim et
bous : le boeuf, une faim de boeuf ou boulimion, faim de
taureau. Le mot évoque une image mythique rapporté par Ovide (43-17 après
J.C). Le héros Erysichton (c’est celui qui fend la terre, le laboureur),
prince de Thessalie, fit couper des arbres sacrés appartenant à Déméter,
déesse de la terre, pour bâtir son palais. Il fut puni par la déesse qui lui
infligea une faim insatiable au point qu’il finit par se manger lui-même.
Qui est
boulimique?
* Images
extraites de l'article publié sur www.bmc.nc
La boulimie
nerveuse a été identifiée récemment en 1979 et répertoriée en 1993 dans le
DSM4 (bible américaine des troubles mentaux). Les Anglo-Saxons regroupent
sous le terme : « troubles de conduite alimentaire "eating disorders",
l’anorexie, la boulimie sous toutes ses formes. Il existe des liens étroits
entre la boulimie et l’anorexie. Globalement, ces deux troubles sont liés
aux relations familiales étouffantes, hyper protectrices, avec de nombreuses
interdictions particulièrement sexuelles, plus ou moins exprimées. On trouve
des personnes boulimiques chez les adolescentes, les jeunes femmes et
quelques hommes ; la proportion entre les hommes et les femmes est de 1 pour
10. Les abus sexuels sont souvent une des causes de la boulimie.
Cette généralisation demande à être analysée. Les anorexiques sont plutôt
des personnalités hyperactives et fières de la maîtrise de leur corps alors
que les personnes atteintes de boulimie sont des angoissées qui n’ont que du
dégoût pour leur corps.
Pour ces deux types de personnalités, l’image du corps est omniprésente,
obsessionnelle. Elles ont toutefois une sexualité et une sensualité pauvres.
Pour les boulimiques, leur corps se résume à un ventre.
Quand les identifications au père et à la mère qui sont salutaires pour
l'affirmation du moi n'ont pas pu se faire, quand l’enfant a été élevé par
des parents hyper protecteurs ou trop négatifs ou trop sévères, des troubles
alimentaires peuvent se développer sans que les parents prennent conscience
de leurs gravités.
La boulimie
témoigne d’une grave crise identitaire. Le moi est faible, désorganisé. Les
personnes sont frappées de leur facilité à se déconnecter du réel et à
s’oublier complètement : « ce n’est pas moi, c’est une autre qui agit ».
Elles se sentent dissociées.
Le grignotage
Nous ne
parlons pas ici des personnes qui grignotent tout le temps entre les repas
et ne cessent de faire des régimes. Elles peuvent se reconnaître dans
certains traits ou comportements décrits, elles ont en effet des tendances
boulimiques et leurs problèmes sont très proches de ceux qui sont évoqués.
Elles peuvent avoir un suivi thérapeutique plus court avec succès. La
relation
thérapeutique, le fait de parler de ses troubles à un professionnel reconnu
est sans aucun doute libérateur. Et si l’on adjoint des techniques
éprouvées, l’amélioration est indéniable.
Ajoutons que les examens et un suivi médical et dentaire sont une nécessité
incontournable.
Prise de conscience du déroulement de la crise
Il y a des
signes avant-coureurs, des lieux privilégiés, des objets déclencheurs, qui
sont à portée de la main, à portée du regard, des mots stimuli, qui
insensiblement enclenchent le geste captateur. Le gâteau est à portée de la
main, à portée de la bouche. Alors, dans une frénésie irrépressible, les
placards s’ouvrent et livrent tous les aliments le plus variés, les plus
riches, les sucrés, les salés, tout ce qui tombe sous la main. le
réfrigérateur se vide, tout sera englouti dans un laps de temps de deux
heures environ, dans un no man's land de la conscience.. L'esprit est
déconnecté du corps. En un clin d’oeil, la nourriture fait un circuit
mortifère : la main-la bouche-le ventre.
Le geste compulsif s'accélère jusqu'à la douleur terrible qui submerge, une
sensation de poids énorme de l'estomac, l’irrésistible envie de vomir et
puis enfin de dormir comme un lion repu.
Peut-on traiter la boulimie?
Oui, la
boulimie peut être traitée.
La boulimie n'est pas une fatalité.
L’approche
est délicate car c’est un trouble qui dépasse les structures psychiques
puisqu’on le trouve dans les névroses, dans les psychoses, chez des
personnes « borderline » et dans les perversions. Et elle peut se manifester
par crises sur quelques mois puis se calmer et réapparaître dans des moments
inattendus :
Anne nous le
dit « tout va bien aujourd’hui, je ne comprends pas mes crises ; je me suis
remise de mon divorce, j’ai de bons rapports avec mon ex, mes enfants vont
bien, je me sens calme et brusquement mes crises reviennent et je vais mal
».
Les
thérapies comportementales et analytiques peuvent aider la personne à se
réconcilier avec elle-même. Une cure analytique est nécessaire dans beaucoup
de cas.
Souvent, une
analyse entrecoupée d’exercices de retour au corps sont nécessaires et font
avancer plus rapidement la patiente qui retrouve son corps dans son
intégrité, dans ses sensations. Je propose
des séances énergétiques
de relaxation
dynamique de sophrologie et des séances bioénergétiques utilisant les
émotions comme la rage et la colère,
émotions enkystées
dans
l’enfance qui surgissent alors dans une violence inouïe. L’enfant dans son
mutisme a enterré ses émotions, son affectivité et la douleur réprimée
ressort et libère enfin le corps et l’esprit de l’être bafoué.
L’analyse va
permettre de se connaître en profondeur, de relier ces troubles à la petite
enfance et aux liens parentaux, aux sentiments infantiles qui ont perturbé
le psychisme de l’enfant et ont empêché l’épanouissement de la sexualité
adulte.
Relier le « dire »
de l’analyse avec le « faire » des techniques bio énergiques, le «
comprendre « dans les techniques comportementales et par dessus tout, «
vivre » la relation de transfert entre l’analysante et l’analyste est d’une
grande efficacité. Le transfert sert de déambulatoire dans un premier temps
pour celle qui est dans l’incapacité de se mouvoir seule ; l’analyse devient
ensuite deux béquilles puis une, puis une canne car l’analysante commence à
marcher, à savoir où elle va, à accepter le chemin vers la libération, vers
l’autonomie, et puis l’analyste donne la main qui renforce la confiance et
qui fait advenir l’alliance entre l’analyste et l’analysante. Enfin, l’être
qui était paralysé, s’est remis à marcher librement « maintenant je vais
bien, je peux marcher toute seule, je n’ai plus rien à vous dire, je vais
vous quitter ».
Françoise "au placard"

Je me
souviens de Françoise. C’était une jeune femme mince, grande, au teint pâle,
aux yeux vides. Elle était fonctionnaire et se morfondait dans un bureau
administratif, où elle se sentait « au placard ». Elle voyait peu de
collègues dans sa journée et refusait les contacts à la cafétéria. Son
travail consistait à comptabiliser les fournitures dépensées dans ce grand
service administratif parisien. Elle est venue pour vaincre sa boulimie et
ses angoisses.
Elle réussissait à tromper son monde en gardant une forme svelte au prix de
vomissements journaliers. Elle se faisait vomir trois, quatre fois par jour.
Les crises le soir étaient un calvaire. Elle engouffrait jusqu’à 4 kg de
nourriture qu’elle régurgitait aussitôt. Elle vivait seule. Personne dans
son entourage et personne parmi ses collègues ne se doutait de l’enfer dans
laquelle Françoise était plongée. On savait bien qu’elle déprimait. Le
lendemain de ses crises, elle était absente. Elle avançait des motifs
valables et gardait son secret. Je l’ai dirigée vers un psychiatre qui a
traité sa dépression et l’a vivement conseillé de poursuivre sa démarche
analytique et comportementale avec moi.
Comme dans de
nombreux cas de personnes boulimiques, Françoise était boulimique dans ses
achats de toutes sortes. Elle ne pouvait plus avoir de carnets de chèques ni
de cartes bancaires : c’était un gouffre. Ce qui n’arrangeait pas sa
situation. Faute d’argent, elle se renfermait sur elle : « sortir, s’amuser
coûte cher ». Elle avait coupé avec sa famille, restée en province, qui ne
s’inquiétait pas de cette adulte sans histoire.
Après
plusieurs mois d’analyse, Françoise a pu renouer avec son unique soeur plus
âgée et accepter de parler de sa maladie. Elle avait beaucoup de culture et
un goût prononcé pour le dessin et la peinture. Je l’ai donc encouragée dans
cette voie. Ses dessins étaient très « parlants ». Elle me ramena un jour
une série de portraits de femmes, stéréotypées, avec des bandeaux sur la
bouche, les yeux fermés.
Le manque d’amour
Avant de « faire » une technique, il est essentiel que la personne se sente
écoutée car autant elle est avide de nourriture, autant elle est avide
d’amour.
On le sait maintenant, c’est le manque d’amour, de communication
authentique, d’accueil qui a manqué à un moment ou à un autre. Car, comme le
dit si bien le Professeur diététicien Albert François Creff
:«
manger, c'est consommer des symboles».
Certes, les adultes vivent des moments difficiles et l’enfant qui est là,
présente, à les regarder vivre, se tait souvent et peut partir en
chantonnant dans sa chambre à tel point que les parents se rassurent. Leur
fille va bien, elle chante, elle est bonne élève. Il n’en est rien : leur
fille se tait sur sa souffrance.
A l’adolescence et même vers 30 ans fréquemment se développe une boulimie
incompréhensible. Il a suffi de relations sexuelles malheureuses pour
ajouter au désarroi profond de la personne. On retrouve alors des traits
névrotiques : angoisse d’abandon, crises de panique, perte d’identité,
dissociation, désir de plaire à tout prix pour ne pas être seule,
impossibilité de dire « non » ou de dire « je souffre ».
Le sujet prend conscience de la possibilité de retrouver un équilibre
alimentaire, il apprend à se réassurer, à se responsabiliser, à développer
toutes ses capacités connues ou ignorées jusque-là.
Les bénéfices de la thérapie
Le travail thérapeutique consistera donc à élucider les conflits avec la
mère et le père, basés sur des sentiments ambivalents, à redonner la
confiance et la reconnaissance qui ont manqué, la relation au corps, au
désir, au besoin et au manque. Le but de la thérapie est de donner au
symptôme son sens. Le symptôme est ce que la personne a de plus réel, et
auquel elle tient paradoxalement. Il disparaît peu à peu.
La thérapie pluridimensionnelle permet de travailler sur tous les plans de
la vie psychique, le conscient et l’inconscient, de relier le travail du
corps et de l’inconscient, de libérer l’angoisse, de redonner l’estime de
soi.
La personne redevient autonome, retrouve la parole et l’agir, elle est enfin
au monde, elle vit de plus en plus unifiée, elle peut accepter le risque de
nouer des relations affectives et pleines avec les autres, et d’être
heureuse.
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L E
DESIR D'ENFANT
Accompagnement psychologique d’un combat pour la vie
 |
Il est des lieux
où s’installe la parole et se développe un échange empathique basé sur
la confiance d’où peut surgir une source de vie que l’on croyait tarie.
Les techniques thérapeutiques sont multiples mais sans une bonne relation
transférentielle elles ont une efficacité toute relative.
|
La thérapie pour accompagner le désir d’enfant va du conscient à
l’inconscient,
de la conscience du corps aux conflits psychiques ;
elle apaise la souffrance, libère l ‘angoisse, assouplit les résistances,
fait advenir la parole qui éclaire.
Elle permet enfin d’exister pleinement, de reprendre confiance dans le
cours de la vie, de jouir de l''instant présent avec ses joies simples et
naturelles.
L’état des lieux :
Le laboratoire de recherche de la maternité Cochin du Dr. Cabrol
s’est attaché dans une communication en Juillet 2002 à mettre l’accent sur
l’importance du psychisme des patientes dont l’infertilité est inexpliquée.
Une femme
sur 8 a des problèmes de contraception. Il
incite les gynécologues et les psychanalystes à travailler ensemble.
Le Dr Pierre Jouannet, chef du service de biologie de la
reproduction de l’Hopital Cochin à Paris travaille sur la baisse de la
fertilité masculine.
L’infertilité masculine est en baisse alarmante selon l’OMS ; la
concentration des spermatozoïdes dans le liquide séminal pourrait avoir
diminué de moitié en 50 ans. Mais la nature est généreuse, pourquoi
s’inquiéter ?
100 millions ou 50 millions de spermatozoïdes par millilitre… où est la
différence puisqu’il suffit d’un seul spermatozoïde pour procréer ?
La science permet désormais aux hommes de devenir père dans des situations
même extrêmes. Par exemple, la congélation du sperme pratiquée aujourd’hui
avant les traitements de radiothérapie permet aux hommes atteints d’un
cancer des testicules de procréer.
|
 |
De même, les nouvelles techniques d’assistance médicale à la
procréation permettent à l’homme d’avoir un enfant même s’il est atteint
d’anomalies spermatiques. |
 |
Pourquoi cette baisse de la fertilité ?
Les facteurs en cause sont multiples: les champs magnétiques, les
rayonnements ionisants, les facteurs chimiques, les pesticides, les solvants
ou le tabac, et le cannabis. Enfin, le stress est de plus en plus incriminé.
Il n'y a pas si longtemps, quand un couple ne pouvait avoir un
enfant, la femme était aussitôt culpabilisée; les premiers examens étaient
pour la femme.
Aujourd’hui, rapidement l’investigation se fait sur les deux partenaires et
l’ homme doit se plier aux examens , non sans réticences
Les facteurs psychologiques sont de plus en plus analysées,
malgré une forte résistance de médecins d’arrière- garde. Heureusement des
équipes nouvelles conjuguent leurs efforts dans un esprit humaniste et
respectueux de la personne et de sa souffrance morale et physique. Cette
communauté de recherches donne des chances supplémentaires de succès pour
les infertilités féminines et masculines dont les causes sont dues aussi à
des traumatismes, à des troubles de l’image inconsciente du corps, au
développement d’une névrose.
 |
Les raisons de consulter sont multiples :
le deuil périnatal ou la mort fœtale(MFIU)
peuvent être pris en charge dans un travail psychique qui favorise la
parole et la catharsis, la libération des affects.
La femme vient
de subir un traumatisme profond, et le partenaire et la famille sont
également sous le choc. |
Tout le processus de deuil
est à mettre en marche pour accepter psychologiquement ce traumatisme et
pour permettre d'envisager une nouvelle naissance.
L'accompagnement thérapeutique est d’une grande nécessité quand les
circonstances tragiques viennent compliquer le désir d’être mère.
Je pense à cette future maman qui vient de perdre son mari dans un
accident de voiture alors qu'elle attend un enfant depuis 4 mois. Elle a pu,
grâce à un accompagnement thérapeutique psycho-somatique qui a duré deux
mois, se centrer sur la naissance de l’enfant et accepter de donner la vie
et de vivre pour le bébé .
D’autres cas tout aussi douloureux : quand on apprend à la future maman
qu’il faudra renoncer à l’enfant qu’elle porte depuis six mois car il n'est
pas viable. Dans ce cas précis, préparer une nouvelle maternité est une
gageure. La femme est déjà tout amour pour ce petit être en gestation. Et
cette épreuve inimaginable lui paraît au-dessus de ses forces
Comment laisser ces femmes sans aide spécialisée ?
Les paroles des amis, de l’entourage et du compagnon s’il est encore là,
se veulent consolantes mais sont souvent maladroites et inappropriées.
Le clinicien, formé à l’écoute du corps et de l’esprit, développant les
techniques corporelles et la suggestion positive, toujours en collaboration
avec l’équipe médicale, prend en charge ces patientes qui souffrent d’un
désir d’enfant non comblé et dont l’état dépressif qui s’ensuit perturbe le
projet de vie.
Enfanter dans la douleur et douleur de ne pouvoir enfanter
Et que dire de la douleur de la femme qui n’a pu encore donner la vie ?
Il s’agit alors d’accompagner cette femme et le couple dans leur désir
d'enfant dans une procréation médicalement assistée (PMA).
Pendant tout le parcours, émaillé de nombreuses épreuves et de
rebondissements, d’espoir et de désespérance, le couple peut heureusement
être accompagné par un thérapeute qui connaît les techniques
psychosomatiques, qui est au fait des techniques comportementales,
analytiques et bioénergétiques. Ce travail global prend en compte l’unité
corps esprit et s'enrichit de la relation transférentielle.
 |
La thérapie commence par une anamnèse très précise incluant le suivi
médical, le vécu très personnel de ce désir d’enfant, les antécédents
familiaux, l'histoire familiale des naissances, des décès, des
traumatismes,les croyances utilisées.
On établit un
génogramme approfondi
centré sur le vécu de cette patiente , sa place particulière dans son arbre
généalogique qui se dessine sous ses yeux et lui fait prendre conscience de
sa propre place , de la constitution de son couple et de la place qu’aura le
futur enfant. Les fantasmes, les coutumes, les mythes, l’imaginaire tiennent
une large place dans le mystère de la fécondation.
|
La parole et la relation thérapeutique transférentielle éclairent la
relation maternelle, les relations aux femmes de la famille et le sens de la
maternité. Et s’éclaircissent alors les profondes motivations pour avoir un
enfant.
Les séances
Les premières séances sont centrées sur la respiration abdominale, la
libération de l’anxiété et de l’angoisse, les sensations du corps ,
lourdeur, chaleur, douleurs, dans une conscience modifiée, en légère hypnose
obtenue par des techniques sophroniques ou hypnotiques. La voix du
thérapeute aide la patiente à se focaliser sur le fonctionnement de la
fécondation, à se réconcilier avec son corps, à développer la bienveillance
à soi-même pour retrouver son énergie et son équilibre psychique et mental,
bien malmené par les pressions extérieures et les conflits intérieurs.
Dans les séances suivantes, l’imaginaire, les émotions, les images, les
métaphores de la fécondité et de la joie de vivre vont déclencher un lâcher
prise du rationnel , du néo-cortex pour donner la place à l’émotionnel, à la
voix du cœur. La réconciliation du corps et de l’esprit se fait dans le
suivi des séances.
La gestion des émotions, ce
qui n’est ni un blocage ni un blindage, permettra un plus grand confort
lors des examens.
Le calvaire subi dans les examens médicaux , les
sensations de n’être qu’un objet de laboratoire, un cobaye déshumanisé, la
honte, la culpabilité, tout se dissipe de plus en plus. Un regain d'énergie
vitale est perceptible et favorise la procréation.
Ensuite, dans les
premières semaines de la fécondation, le thérapeute utilise la visualisation
du fœtus aidée par les images des échographies bien connues de la patiente
pour accompagner le désir de la femme et son espoir .
Au delà de l’individu , la vie du couple
quand procréer
devient un combat
La stérilité idiopathique, c’est à dire sans cause connue concerne 20 % des
couples non fertiles. L’accompagnement
psychologique développe une meilleure communication dans le couple, un
dialogue plus respectueux de la souffrance de chacun, une tendresse
revivifiée. Comment intégrer le désir d’enfant dans le couple ?
Est-ce un
réel projet de vie pour les partenaires ?
Faire baisser l’anxiété qui
entraîne souvent l’agressivité dans le couple et dans l’entourage, le
sentiment de culpabilité.
A qui la faute ? Pourquoi vouloir un enfant ?
Pour qui ?
Est-ce mon désir ou la confrontation avec le désir de ma propre
mère qui veut être grand-mère ou de mon père qui veut un héritier ?
On dénonce la pression psychologique de la société qui veut tout contrôler
et tout réussir. Le projet d’enfant fait partie du programme d’une vie
réussie , le nombre d’enfants que l’on doit avoir au même titre que le
confort, la voiture, la maison...
Le « désir d’enfant à tout prix » est
comme une revendication.
Certains vont jusqu’au désir de contrôler le sexe,
la couleur des yeux.
L’enfant doit être parfait. On pointe bien sûr la
tentation de l’eugénisme et du clonage. Au-delà
des plaintes récurrentes et d' un langage schématisé on peut entendre la
parole du cœur, de l’authenticité de l’être.
Il appartient au psychothérapeute d’aider le couple à parler de son
désir et rester vigilant quand les deux partenaires ont des discours
ambigus.
Prenons
ce cas clinique :
un couple en concubinage désire un enfant. Ils ont une
trentaine d’années. Les difficultés de procréer surviennent.
Le calvaire
commence avec la classique prise de température sur plusieurs mois, anodine
au regard d'une
biopsie endométriose ou d'une
hystérosalpingographie. |
 |
Que de mots barbares et que d' angoisse non exprimée! que de fatigues pour
gérer ces examens dans la vie quotidienne et professionnelle !
N’oublions
pas le fameux
test de Hühner. Rédhibitoire pour l’extase amoureuse ! Vécu si
difficilement par le couple car il doit programmer sa relation sexuelle en
fonction du test et la femme doit se rendre au laboratoire dans les heures
qui suivent.
L’intrusion dans la vie intime du couple est douloureuse et finit pour
certains couples à vider la relation même de son sens.
L’acte amoureux
n’est plus qu’un acte mécanique livré au regard et au questionnement de
l’équipe médicale;
le thérapeute est alors l’élément humain, chaleureux,
empathique pour pallier les failles d’un rouage agressif, douloureux et
malheureusement inévitable.
Il faut sauver l’amour du couple, même en cas
d’échec de la procréation.
Accompagner le désir d’enfant, mettre un enfant au monde dans l’amour et la
joie d’exister, le porter vers la lumière remplit le cœur d’émerveillement.
Toute naissance est sacrée et participe du mystère.
Et"
Le mystère est la plus belle chose que
nous pouvons ressentir...
Celui qui ne le connaît pas, celui qui ne peut pas s'étonner ou
s'émerveiller est mort. Ses yeux se sont éteints ».
Ainsi parlait Einstein. |
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Faculté Européenne de Sophrologie
Analytique et Comportementale
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